Publié par : lskndrs | octobre 8, 2011

Le zoo de Notre Dame

Le matin du premier vendredi de septembre, je suis allé faire une de mes ballades parisiennes favorites, depuis la rue Saint Jacques jusqu’à Beaubourg. En arrivant sur l’ile de la Cité, j’ai remarqué le nombre encore relativement faible des touristes sur le parvis de Notre Dame, et me suis dit pourquoi pas y faire un tour. Architecturalement, la cathédrale de Paris est souvent dénigrée par les amateurs d’art gothique qui lui préfèrent des constructions plus flamboyantes, sa décoration et ses vitraux ne sont pas non plus les plus exceptionnels, mais quand même.. lorsque l’on entre dans une cathédrale  on est toujours transporté dans un autre univers, une impression de démesure rien qu’à l’idée de penser que des gens blindés par la Foi avaient décidé de construire un truc pareil il y a 750 ans.

Malgré la faible queue devant la porte, l’intérieur est plus rempli que je ne le pensais. Je me faufile dans le flux de touristes qui défile lentement derrière les barrières sur le bas-coté droit en direction du chœur. Un office est célébré, je ne sais pas encore lequel, mais la nef est quasiment remplie par une foule dense, l’orgue jouillasse un thème de recueillement style fin de communion. J’arrive au niveau du chœur où un peloton de touristes en short mitraillent les fidèles en procession : il s’agit de l’adoration de la Couronne d’épines, qui a lieu désormais une fois par mois en plus du Vendredi Saint. La scène est insolite : les gens s’avancent en une double colonne par l’allée centrale, guidés par des clercs en civil mais drapés d’une superbe cape blanche immaculée et en gants blancs ; un par un ensuite ils se présentent devant les prêtres qui tiennent la relique, protégée par un cercle doré et dont seule une petite partie est visible à travers un verre qu’ils embrassent après et/ou avant un signe de croix.

Décorée comme ça elle en jette…

Les prêtres se relaient pour tenir l’écrin et essuyer la relique avec un linge liturgique, un troisième fait une lecture de l’histoire de la relique : transférée on ne sait quand à Constantinople (les légendes et spéculations ne doivent pas manquer), la relique passe aux empereur latins après le pillage-putsch de la croisade de 1204. L’empire latin de Constantinople devenant bien vite vulnérable, Saint Louis inquiet la rachète et fait construire la Sainte Chapelle à Paris pour l’abriter (rien que ça, la classe).

Pendant ce temps les touristes prenaient et se prenaient en photo, filmaient, zoomaient, commentaient (à voix basse? bien sur que non) dans toutes les langues, avec un mélange de curiosité et de scepticisme, une dose de respect peut-être, mais pas pour tous. Après avoir fait le tour du chœur je restai encore un peu à regarder d’un autre angle, quand soudain une main me saisi par l’épaule et me pousse sur la gauche. Je réagi à peine tellement j’étais hypnotisé par la scène centrale,  avant de me retourner vers mon agresseur, un espèce d’américain, la cinquantaine, qui le bras levé vers moi me scrutait l’air inquiet, les lèvres serrées.

Une poignée de secondes, une éternité, un espèce de « sorry » (?) et je comprend enfin que j’étais dans le champ du comparse photographe.

Les singes sont en cage, les hommes tournent autour et regardent, enfin là je ne sais plus très bien où et qui sont les singes, les lions, les hippopotames.

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