Publié par : lskndrs | octobre 12, 2011

And did those feet… : England for ever

Parmi le fatras des productions d’Emerson Lake and Palmer, on compte le célèbre Brain Salad Surgery et sa – ô combien mythique pochette dessinée par Hans Ruedi Giger (un copain à Thimoty Leary).

Comme dans tout ELP (et dans le rockprog archidémonstratif), il y a du moche et du beaucoup moins moche, et toujours du démentiel. Le premier morceau, Jerusalem, est une reprise d’un des chants les plus mythiques (au sens propre comme au figuré) de l’Angleterre, mise en musique du poème And did those feet, écrit vers 1810 par le romantique William Blake.

And did Those feet in ancient times
Walk upon England’s mountains green?
And was the Holy Lamb of God
On England’s pleasant pastures seen?

And did the Countenance Divine
Shine forth upon our clouded hills?
And was Jerusalem builded here
Among those dark Satanic Mills?

Bring me my Bow of Burning Gold;
Bring me my Arrows of Desire;
Bring me my Spear; O clouds Unfold!
Bring me my Chariot of Fire!

I will not cease from Mental Fight,
Nor shall my Sword sleep in my hand,
Till we have built Jerusalem
In England’s green and pleasant Land.

Le texte quasi biblique (à la Job) semble s’inspirer de l’Evangelium Nicodemi (traduit en français en Evangile de Nicodème), un apocryphe grec du IVe siècle dont la version latine fut par la suite extrêmement populaire durant la période médiévale. Mettant en scène plusieurs personnages mineurs (dans un but apologétique), il relate notamment l’épisode de Joseph d’Arimathie à Glastonbury qui inspira le fameux cycle du graal.

Ce poème est typique de l’œuvre de Blake, fortement marquée par l’ancrage de l’eschatologie dans l’histoire (la nouvelle Jérusalem) et du lien mythique entre Albion (1) et les épisodes historiques du christianisme.Parallèlement, on le retrouve dans la critique de l’avènement de la société industrielle (« those satanic mills »).

Il fut mis en musique par Hubert Parry en 1916 et compte parmi les hymnes les plus populaires de l’Angleterre (qui n’en n’a pas d’officiel, God save the queen étant utilisé « par défaut »), il a d’ailleurs été joué lors du mariage du prince William.

Parmi ses plus célèbres apparitions, on peut citer Chariots of fire, Star Trek: Deep Space Nine, ou encore le détournement des Monty Python.

Pour découvrir un peu plus Blake, une très bonne anthologie : Selected Poetry (Oxford University Press)


(1) La légende d’Albion rattachant dans certaines versions l’Angleterre aux racines troyennes.

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