Publié par : lskndrs | octobre 16, 2011

Mike Oldfield : Amarok

Avant d’oser écouter Amarok, j’avais pris mes précautions. Je connaissais déjà bien Mike Oldfield, son très bon et son moins très bon, j’avais lu plusieurs chroniques et critiques pour mieux cerner la bête, et puis j’avais survécu à Electronic Meditation et Alpha Centauri de Tangerine Dream.
Je me sentais donc paré pour laisser déferler la folie du monstre dans mes oreilles.

Le premier riff est agressif, sec, brutal. Ca arrache.
Amarok, c’est 60 minutes de bazar complet, un enchainement incessant et virtuose de courtes mélodies qui se coupent brusquement les unes les autres. Tout ça parce qu’Oldfied avait la rage contre le producteur Richard Branson et que son contrat (il s’était fait arnaquer) lui demandait un dernier album pour peanuts. Il sort alors l’œuvre la plus anticommerciale possible, et c’est étudié pour : intro agressive, discordante, décourageante, un seul ensemble, aucun thème exposé plus d’une minute pour empêcher l’extraction du moindre single, bruitages délirants, énormes variations de volumes, et un distingué f.u.r.b. (fnck u richard branson en morse) par un synthé acide.

Renzo Piano et Richard Rogers, les types qui ont construit Beaubourg disaient : le truc qu’on fait, si ça se trouve les gens en auront marre dans 20 ans, donc on vous fait un machin démontable.
Amarok peut être à la musique ce que Beaubourg est à l’architecture.
L’architecte construit pour laisser une trace dans l’histoire, Piano et Rogers ont proposé la démarche inverse : l’architecture est une vanité, du vent, rien de plus.
Ecoutez certains thèmes d’Amarok, qu’est ce que Mike Oldfied aurait pu en faire en les développant? le fameux Ommadawn II? Et c’est là que le génie atteint une nouvelle dimension : il réhabilite la négativité, la destruction, le renoncement. Si Oldfield avait pu faire en sorte que le disque ou la cassette explose après l’écoute, il l’aurait fait.

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Responses

  1. Sauf que c’est une des ses oeuvres les plus géniales, tout dans ce bazar est structuré, ça regorge de mélodies magnifiques, de montées lyriques et de moments intimistes, de passages grandioses et inoubliables. Et c’est après plus de 30 ans d’être un fan de son oeuvre que je le dis.


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