Publié par : lskndrs | octobre 19, 2011

Roger Waters : The Wall Live

68 ans et Roger Waters pète la forme. La preuve, cette gigantesque tournée mondiale (et trois Bercy en juin dernier) consacrée au mythique The Wall, apogée de sa carrière et chant du cygne de Pink Floyd.

A l’origine, Pink Floyd c’est un musicien de génie complètement taré : Syd Barret, et un metteur en scène de génie complètement taré : Roger Waters. Si le premier est rapidement éjecté pour grillage de cerveau au LSD, le second prend petit à petit de l’ampleur dans la composition des œuvres de Pink Floyd  (surtout à partir de Wish you were here), si bien que le groupe ne fut bientôt plus qu’un exécutant de l’esprit délirant et torturé du bassiste.

Torturé c’est bien le mot, qui transpire dans tout The Wall, album/film auto psychanalytique de Waters, explorant les sombres et corrosives tranches de vie qui le rongent : père tué à Anzio en 1944, mère protectrice, système éducatif rigide, mariage ennuyeux… et érection d’un mur pour se protéger, s’isoler du cours de la vie comme du show (parce qu’il développe en plus une haine avec le public !).

Les textes, la musique, l’extraordinaire « son Pink Floyd », mais aussi l’esthétique particulièrement soignée du film et de la pochette de l’album en font un monument de l’histoire du rock. Le show aussi fut mythique, avec un véritable mur qui se construit au fur et à mesure que le concert avance, puis s’effondre à la fin. Néanmoins il y eu peu de représentations tant la logistique était complexe.

30 ans plus tard, Roger Waters a entre temps pas mal ruminé contre ses anciens partenaires, puis s’est pas mal calmé sur le plan personnel, sans abandonner ses idéaux. Le grand enfant a peut-être enfin grandit, et revient avec une nouvelle version de The Wall où, beaucoup plus apaisé personnellement, il se donne entièrement et avec passion au spectacle. Car oui, il nous fait tout l’album (sans When the Tigers broke free, qui n’est que dans le film, mon seul petit regret peut-être), avec un ou deux petits ajouts sur la bande et une esthétique encore plus travaillée.

Sur le plan technique c’est hallucinant. Effets pyrotechniques, lumières, avion qui se crash sur la scène, le mur qui se construit petit à petit sert d’écran de projection à des dizaines de projecteurs (un par brique? en tout cas un paquet), le rendant beaucoup plus animé : de nombreuses séquences animées du film, dont certaines revisitées par les évènements récents.

Car, et c’est le dernier point, Roger Waters actualise un de ses thèmes privilégiés présent dans The Wall :

  • La guerre (et sous-jacent les conflits religieux, on l’a d’ailleurs vu sur Al-Jazeera parler du mur (!) israélien). Ainsi, il a organisé sur le site dédié au concert un appel au public, pour compiler des petites fiches d’identité de proches disparus à la guerre ; ces fiches étaient alors projetées en une impressionnante mosaïque sur le mur à la fin de la première partie.
  • Un certain « rejet du système » : les textes acerbes contre Mrs Thatcher (The Final Cut), contre la société de consommation (Amused to death, visionnaire) sont allégorisés dans certaines séquences dénonçant le capitalisme financier d’aujourd’hui, nouveau totalitarisme (trust us, B52 larguant des dollars et autres logos de mercedes)

Entre reprise et transformation, introspection et évolution, Roger Waters propose avant tout un spectacle à couper le souffle. The Wall est peut-être intemporel, il a pris un sacré coup de jeune et devient on ne peut plus actuel.

***

Ci-dessous un petit bout de in the flesh? (arrivée de Waters), puis le solo de Comfortably Numb, et toute la fin jusqu’à l’effondrement du mur. La qualité est bonne et le grand angle permet de bien voir les impressionnantes animationslors de Comfortably Numb, et ce diable d’homme tout seul devant son mur, qui s’éclate comme jamais.

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Responses

  1. Mon point de vue… perso
    Pour raccourcir, Waters est une tarte à la crème, un ado jamais passé à l’âge adulte (dans le bon sens du terme).
    Musicalement interessant voire très bon (surtout les derniers, passés en boucle pendant des années : Amused/Pros&Cons/FinalCut, RadioKAos en dessous sans parler de Ca Ira risible).
    Mais, pour le fond, complètement réactionnaire (guerre etc… i.e. vivant « contre » et non « pour ») et finalement complètement désespéré et désespérant. Il ne semble rien aimer, ne rien apprécier en soit. Esprit torturé, torturant, finalement glauque.
    Cela m’a pris une quinzaine d’années pour en sortir.
    Et pas près d’y revenir quoi qu’en pensent mes contemporains et quelque soit le léché des productions ou les musiques.

    J’aivoue donc abandonné Waters (moins PF et Gilmour, dont C.Numb), et être très séduit (en prog) par Marillion (nouvelles périodes), Afraid Of Sunlight / Marbles / Happiness Is the Road etc… Album Brave très « spécial ».
    http://luc1249.wordpress.com/2011/09/22/marillion-la-mennais/
    Musicalement au moins aussi bon, pionniers du net. http://www.marillion.com Livraisons excellentes, sinon sur amazon en mp3.
    Et en classique, Bruckner, complètement moderne et inconnu en France.


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