Publié par : lskndrs | décembre 11, 2011

Jean Greisch : Le buisson ardent et les lumières de la raison (T.1)

L’ouvrage offre la somme des cours donnés par Jean Greisch sur la philosophie de la religion et son histoire. Après une introduction définissant son objet, ce premier tome aborde les deux premiers courants de la discipline : les paradigmes dits spéculatif et critique.

La philosophie de la religion est une matière d’équilibriste, tiraillée du côté de la foi par la théologie et du côté de la science par les sciences religieuses (catégorie des sciences sociales).

Jean Greisch prend également le soin de distinguer la philosophie de la religion de la théologie philosophique (le théologien sur le terrain de la philosophie) et de la philosophie religieuse (philosophie du croyant).

La découverte du paradigme spéculatif s’ouvre inévitablement sur les antagonistes Schleiermacher (sentiment) et Hegel (représentation). Une réflexion de Hegel sur la méthode empirique qui m’a marquée : celle-ci conduit inévitablement à un agnosticisme embourbé dans une subjectivité insurmontable, relégant dieu dans un infini nostalgique inconnaissable. Pour Hegel, l’approche spéculative vise à dépasser cette juxtaposition embarrassante du Diesseits (« de ce côté ») et du Jenseits (« Au delà »).

Jean Greisch aborde ensuite la philosophie de Schelling, qui tente de sauver la spéculation face à l’empirisme en redéfinissant une raison consciente de ses limites (concept d’ « imprépensable »). Face à l’hérésie panthéiste d’où Hegel a du mal à se dépêtrer, Schelling affirme « Tout n’est pas Dieu mais Dieu est tout« .

Dans la partie spéculative est également abordé Karl Rahner dans le contexte de la crise moderniste, ainsi que le grand livre de Franz Rosenzweig  : L’étoile de la rédemption.

Le parcourt du paradigme critique s’ouvre avec la tentative de Kant de décrire la religion « dans les limites de la simple raison », puis les néo-kantiens tels H. Cohen, Troeltsch et Tillich qui tentent de faire vivre le « bucher kantien » au sein de la philosophie de la religion en insistant sur l’histoire, la psychologie, ou le rapprochement avec la phénoménologie.

Ce premier tome s’achève sur la critique dite anthropologique menée par la pointe du « triangle de fer de l’athéisme » : Feuerbach, l’épée de Damoclès de la religion et de l’herméneutique : Nietzsche et enfin pour le XXe siècle Ernst Bloch.

600 pages bien denses auxquelles vont se succéder les paradigmes analytique, phénoménologique et enfin herméneutique…

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