Publié par : lskndrs | février 4, 2014

Utopia (Bernd Kistenmacher)

La Berlin School a sa nouvelle Utopie.

J’ai pris cet album en pleine poire. Et avant tout le premier titre fleuve We need a new Utopia. A ma première écoute (dans de mauvaises conditions) j’ai cru qu’il y avait un sample de Body Love tellement ça m’évoque cette magnifique pièce qui est peut-être ma préférée de l’oncle Klaus, avec sa batterie envoutante, ses subtiles superpositions de nappes et de mélodies.

C’est littéralement fantastique d’entendre quelque chose de si créatif, de si inspiré tout en étant fidèle à un genre dont les grandes heures sont maintenant lointaines (la première séquence de basse (mon dieu !) qui s’éteint discrètement derrière le rythme binaire à la Schulze me fait terriblement penser à la terrible ligne de Rubycon – Tangerine Dream).

utopia basslineWe need a new Utopia 1st bass sequence (approximation)

Après des albums plutôt « symphoniques » et harmonieux, Bernd Kistenmacher revient et transfigure ce qu’il avait laissé apercevoir dans le frénétique Let it out. Le fait qu’il se soit très bien entouré ajoute une ampleur remarquable et bienvenue à sa musique. Une batterie jouée par un humain pour mouler une musique électronique séquencée (ô ironie) a quelque chose d’hallucinatoire, qu’on ressent aussi dans les morceaux où Klaus Schulze joue lui-même les percussions. Le violon et la guitare déchirés donnent une ampleur nouvelle aux parties de solos, où les synthétiseurs ne sont pas en reste.

Le reste de l’album (car il faut aussi en parler) est tout aussi remarquable (comme pour le One of these days de Pink Floyd à côté d’Echoes) : Fearless (huhu) est un morceau arythmique et atonal , une vieille soupe totalement remise à jour, qu’on pourrait croire sortie des années Krautrock et des débuts de Tangerine Dream lorsqu’ils pataugeaient sans séquenceurs (je pense à Alpha Centauri). Gonflé. Born from chaos : un rythme de tambours effrénés sur lequel Bernd fait hurler le Moog dans tous les sens. Du ELP avec une âme. Land of Hope : gimmick de piano addictif et guitare enlevée.  Superbe performance de « Q ». Utopia enfin, et allons-y carrément pour la chanson. La voie envoutante de Vana Verouti honore superbement cette mélodie digne de Vangelis pour terminer sur une note apaisée et optimiste ce qui pour moi est la plus belle surprise de l’année.

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